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Ridim
Depuis près d'une heure, Ridim était assis sur ce banc vert en fer forgé regardant les passants flâner. Près d'une heure les yeux loin devant lui, l'esprit ailleurs, les mirettes en émoi toutefois. Ridim se sentait d'humeur maussade en ce jour, mais en même temps une sorte de joie lui pénétrait la poitrine qu'il avait de fort costaud et lui donnait ce sourire mystérieux au coin de ses lèvres charnues. Il était patient, il attendait le bus. C'était jour de grève à la compagnie des transports urbains. Il le savait depuis la veille mais lui il n'avait point d'horaire, il vivait au rythme de ses envies et ne s'imposait jamais de temps ni de contraintes. Ridim pensait à la semaine passée où à ce même endroit, il avait rencontré une belle demoiselle. Elisa était son nom. Il l'avait remarqué tout d'abord, parce que sa démarche faisait balancer sa longue chevelure couleur de blé sur ses épaules. Le vent avait pénétré ses mèches blondes, et avait joué avec ses boucles. Ridim attendait le bus, comme tous les jours. Elisa au loin lui sourit, ils ne se connaissaient pas mais elle était heureuse en ce jour et elle avait envie de lui sourire, parce qu'elle le trouvait mignon. Un sourire ne vaut rien, il ne coûte rien à la personne qui l'offre, juste un sourire. Ridim lui rendit son sourire, elle vint s'asseoir à côté de lui et croisa ses jambes sous son long manteau en cuir. Distraitement, il regardait l'arrondi de ses genoux, et la finesse de ses chevilles. Elle portait de jolies sandales à bout rond avec une bride à la cheville. Mon Dieu qu'il aimait ces chaussures-là, il les trouvait tellement sexy. Sous son manteau, il devinait une jupe fendue noir. Ridim ne pouvait voir cette jupe, il y pensait puisque c'est ainsi qu'il aurait voulu qu'elle soit habillée. Il pensait à la bonne phrase à sortir pour l'aborder et ne pas passer pour un perdant. L'heure ! Quelle bonne idée, il n'avait pas de montre lui. _ Excusez-moi Mademoiselle, vous avez l'heure ? Elle ne répondrait pas, il s'en doutait, elles sont toutes pareilles, ces filles. Ridim pensait à plein de choses en même temps : ce qu'il allait faire après être monté dans le bus, s’il allait s'asseoir à côté d'elle et engager de nouveau la conversation, aller acheter du pain (ha oui tiens, il n'en avait plus, il l'avait fini hier…) et puis tant d'autres choses anodines. Le bus arriva. Il la laissa passer devant lui afin de pouvoir respirer son parfum. Cette odeur enivrante qui se dégageait d'elle. Elisa alla s'asseoir dans le carré, il se plaça face à elle. Elle regardait le paysage défiler, le menton posé dans la main le regard perdu au loin. Il engagea de nouveau la conversation : _ vous travaillez aujourd'hui ? Il lui répondit par un sourire. Ils descendirent à l'arrêt suivant, se posèrent à la terrasse du premier café qui se trouva sur leur chemin. Il ne la quittait pas du regard, elle semblait gênée. Elle ne pouvait s'empêcher de fixer son regard clair, il était si pur, et en même temps si excitant cet inconnu. Il commanda un cappuccino et elle un soda. Ils parlèrent de leur vie, leur passion, leur goût… il lui lança soudainement, stressé par l'état d'excitation dans lequel cette fille le mettait : _ on va chez moi ? Il paya l'addition, ils sortirent dans la rue. Le bruit des voitures couvrait leur pas, mais plus rien ne pouvait endormir leur désir mutuel. Il habitait à quelques pas. Ils marchèrent côte à côte, n'échangèrent aucun regard mais elle avait envie de lui. Elle sentait même les caresses sur sa peau, ses lèvres sur son sexe chaud, sa langue s'insinuer sur son clitoris… Ridim la fit passer devant lui en lui indiquant l'étage. Ils entrèrent dans son appartement, elle se défit de son manteau qu'elle posa sur un fauteuil. Elle portait une jupe noire fendu… Il lui proposa de s'asseoir et elle lui réclama un verre d'eau. Elle but à petites gorgées, il ne pouvait détacher son regard de son corps. Il avait envie d'elle aussi, il sentait son pénis durcir à travers son pantalon. Il était déjà tard, il lui proposa de rester pour la nuit. Elle fut d'abord réticente mais décida finalement de céder à sa proposition. Il lui annonça ensuite que si elle avait envie de prendre une douche, elle pouvait. L'excitation avait fait monter en elle de sourdes ondes de chaleur et elle avait transpiré un peu, elle avait envie de cette douche. Elisa entra dans la salle de bains, se déshabilla de façon élégante, puisqu'elle se doutait qu'il la regardait à travers l'embrasure de la porte laissée entrouverte. Elle se laissa couler dans la baignoire. La vue du bain moussant sur le rebord de la baignoire lui fit presque regretter de ne pas avoir le temps de se prélasser avant de faire ce dont ils avaient envie, l'un et l'autre, depuis le moment où leurs regards s'étaient croisés. Il entreprit d'abord de s'occuper de ses mamelons gonflés de désir. Sa langue tournait autour des tétons enflés, elle fermait les yeux et de petits gémissements se faisaient entendre. Il arrêta un instant pour défaire les boutons de son jean. Elle posa ses yeux sur lui. Il la fit s'étendre et lui demanda d'écarter les jambes, d'une main il saisit sa verge et de l'autre main d'un doigt il s'insinua dans sa fente. Au fur et à mesure que le désir montait en elle, son sexe à lui gonflait de plaisir. Il lui demanda d'ouvrir les yeux et de le regarder. Il se masturbait devant elle et son doigt titillait son clitoris auquel elle joignit le sien. Ensemble, ils se touchaient mutuellement mais sans réellement avoir envie de pénétration. La situation resta toutefois étrange dans la tête d'Elisa. Doucement, il se rapprochait d'elle pour finir à ses genoux. Elisa prit le sexe tendu vers elle dans sa bouche, elle passa le bout de sa langue sur le gland, Ridim renversa sa tête et ferma les yeux un instant. Le désir était trop fort, et il ne voulait pas venir de suite là dans sa bouche à elle. Il lui fit mine de s'arrêter et se remit en position première, sa main sur son sexe et son autre main sur la toison d'Elisa. Elle enleva cette main et la remplaça par la sienne. Un long moment durant, ils se masturbèrent solitairement l'un en face de l'autre, le regard pervers. Ridim décida de continuer les réjouissances dans sa chambre, il la fit lever, la prit dans ses bras, son doigt toujours en elle, et l'allongea sur le lit. Elle se mit à son aise, présenta son sexe humide. Elle écarta les jambes, Ridim vint y enfouir sa chevelure et du bout de sa langue titilla le clitoris enflé. Tantôt tortillant ses mèches autour de ses doigts, tantôt agrippant les cheveux, elle jouit. Il vint se poser au-dessus d'elle pour qu'elle puisse prendre son membre en bouche. Ce qu'elle fit sans tarder. Le jus délicat qui s'en écoulait à flots emplit sa gorge. Elle dégusta ce délicat nectar. Ridim eut envie de s'amuser, il lui attacha les mains dans le dos et lui banda les yeux. Cela ne fit qu'amplifier son excitation à elle. Il la fit mettre en position afin qu'elle lui présente ses fesses, il enfila en elle son membre dur et long. Elle gémit lorsqu'il la pénétra pour la première fois puis s'abaissa lentement afin de bien ressentir en elle le sexe butant contre son ventre… |
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La fille est endormie. Il est assis près de la fenêtre dans le fauteuil aux larges accoudoirs. Son pied bat le rythme de son pouls qui tapent à ses tempes. Il fume une cigarette, les cendres tombent sur la moquette grise et y laissent de petits trous noirs. Ses jambes sur l’accoudoir, la tête renversée, le souffle court, elle ouvre péniblement les yeux. Ses lèvres sèches s’entrouvrent pour y laisser échapper un mot, un seul : aide… Le regard caverneux, il jette un dernier regard sur la dépouille inanimée qui gît sur le canapé. La main tombante au sol, les doigts effleurant à peine la moquette se noyant dans une flaque rougeâtre. Il se penche vers elle, un dernier espoir, le dernier, enfin c’est ce qu’elle croit. Il s’accroupit près de son bras, dépose le bout de son index dans le liquide collant et le porte à ses lèvres blafardes. Tu es sucrée, lui dit-il, comme le goût du caramel que tu mettais sur tes lèvres… |
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L'araignée tisse sa toile
Comme tout les jours, elle rentrait après lui. Lassée par son travail, elle voulait trouver une maison propre et rangé, son seul souhait à elle, c'était que dès rentrée, elle se glisse dans un bain et de faire écouler tout les tracas de la journée par le trou de la baignoire. Comme tout les soirs, elle sortait quand la nuit s'était prononcée dans le ciel bleu marine. Ce soir, elle traîna de rue en rue à la recherche de trouvailles miraculeuses dans un des magasins qui se trouvaient sur son chemin. Juste regarder les vitrines illuminées, et rien d'autre. On était près des fêtes de Noël. Quelque temps avant, elle avait repéré dans une vitrine une robe rouge bordée de fourrure très sexy et voulait l'acheter et faire plaisir à son homme quand il serait tout les deux le soir de Noël. Elle avait tardée, la robe était introuvable ailleurs. Tant pis, elle délaissa ses illusions de soirée sexy et resta malgré tout sur sa faim. Tout en pensant à cette robe, elle alla prendre son train pour rentrer. La musique à fond dans les oreilles, encore une douce musique berçant ses oreilles, non un rock bien dur comme elle aimait. Ce qu'elle appréciait surtout c'était de retirer de temps à autres une oreillette et se rendre compte que le bruit des voitures autour d'elle était plus silencieux qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Le train pris, elle marche, malgré elle, trop d'impatience à voir son homme. Marcher sous la pluie, quelle idée idiote, surtout quand il fait plus de 20 °. Elle ouvrit sa veste pour laisser les gouttes d'eau fraîche couler sur son décolleté. Une goutte descendit jusqu'à la naissance de son nombril et lui donna un frisson d'extase. Elle ferma les yeux et continua de marcher devant elle, comme si plus rien n'existait, ni les gens ni les voitures. Quand elle rentrerait elle ferait l'amour à son homme, elle en a envie... La clef dans la serrure, enfin. Le chat l'accueilli d'un miaulement glauque et rompu par le cri de son homme. Elle vint vers lui, et lui posa un doux baiser sur ses lèvres rugueuses. Rien ne lui faisait autant plaisir le soir quand elle rentrait de le trouver au chaud et savoir qu'il l'attend. Elle se défit de son blouson et se mit à l'aise. Ce qui signifiait pour elle de se mettre en dessous et défiler ainsi devant son homme afin d'attiser la convoitise. Mais loin de ses espérances de séduction aucune réaction ne venant de la part de son homme. Elle soupira et il lui annonça qu'il allait chercher un truc et qu'il revenait vite. Un baiser il était déjà dehors sous la pluie. Elle se défit de ses dessous et prit une douche délicieuse. Elle aimait quand il n'était pas là et qu'elle pouvait se donner du plaisir seule sous la douche, l'eau ruisselant sur la moindre parcelle de son corps faisait monter en elle un désir inexprimable. La fin de la douche, toujours nue elle retourna dans le salon et s'allongea quelques instants sur le canapé. Feuilleta le courrier rapidement et fut tiré de sa lecture par le chat. Il jouait avec un papier bruyant. Elle le chassa et découvrit un emballage de préservatif. Que pouvait-il bien faire ici ? Elle le jeta négligemment dans la poubelle et se rassit sur le bord du canapé. Bientôt, elle s'imagina des tas de choses qui lui semblaient impossibles. Son homme avait vu quelqu'un d'autre, elle en était persuadée maintenant qu'elle avait trouvé un cheveux qui n'était pas le sien sur le rebord de la table. Elle regarda tout autour d'elle et chercha son peignoir. Elle le trouva à terre, le ramassa et un parfum lui emplit les narines, elle l'inspira et ne reconnut pas le sien ni le sien à lui. Elle se rassit, se mit à pleurer et alla reprendre l'emballage dans la poubelle et le posa en évidence sur la table. Son homme rentra elle ne dit rien, resta muette. Mais quand il s'approcha d'elle pour un baiser, elle lui demanda des explications. Bien sûr, l'homme ne dit rien, se défendit quelque peu en affirmant qu'il ne savait pas de quoi elle pouvait bien parler. Mais au fond d'elle, tout en maugréant sa stupidité et sa mauvaise foi elle bouillait... |
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La vie ne tient qu'à un fil
Le matin souvent sur le quai ou dans le train il y a cet homme, cet illettré. Il est là à arpenter le macadam du quai ou du trottoir d'en face de chez moi. Je le regarde, il marche vite, le dos courbé sous le poids de son sac à dos, les mains dans les bretelles le tenant comme si il allait tomber. Puis il râle, il parle mais dans son dialecte de trisomique. Je ne sais jamais ce qu'il dit, ce matin j'ai perçu un "... midi moins 20...". Avec les grèves, je comprend qu'il râlait. En moi-même je me demandais si il savait qu'il y avait grève. Je me disais que non il devait pas se prendre la tête autant que nous, moi, vous, ce matin dans les trains SNCF. Sur le quai d'en face, un couple face à face se lèche la pomme, un autre attardé à côté d'eux leur parle. La fille rigole et cache la moitié de son visage dans ses manches trouées de son pull. Le mec se retourne et sourit au mongole. Lui, le trisomique, il se marre aussi, il parle. Il parle de tout, il s'occupe des gens qui se trouvent autour de lui, il s'en fout d'avoir l'air con. Il parle dans le vide et tout le monde le regarde. Le train arrive, celui qui va dans l'autre sens, le mongole se met à gueuler "Tout le monde en voiture, allez hop" et il sourit. Un sourire emplit de bave et de dents blanches abîmées. Au loin je peux presque distinguer sa luette, tellement sa grande gueule il l'a ouvert. Comme un loup affamé qui veut engloutir toute la populasse réunit sur ce quai humide à 8h40. Le train repart, plus personne en face à regarder. Le triso repasse devant moi, il cause encore, il part. Balançant son bras gauche d'avant en arrière, il parle toujours, dans son dialecte que lui seule comprend et soudainement il rit. Un rire affreux, un rire genre dans ces vieux films mal doublés qui sont trop nazes pour les regarder. Il me donne des frissons. Le train arrive enfin, je le vois au loin, moi le nez plongé dans mon quotidien, je ne fais pas attention. J'ai abandonné de loin l'idée d'attendre en scrutant le bout du quai. Les gens se pressent comme pour se foutre dans une boite à sardine. Ils montent, certains se placent devant la porte on ne peut plus se presser contre les autres, on peut plus monter. L'odeur répugnante et chaude qui se dégage me file la nausée. Un homme avec un sac à dos noir me file un coup, je lève mes yeux, il est moche. Je tourne les yeux, je regarde toutes les autres sardines, leurs sourires se tordent en grimace dégoulinante et leurs yeux s'illuminent et flamboient comme à la St Jean. Une femme d'un âge avancé me regarde et sourit. Ses dents noires et pointues se dressent en ma direction, un filet de sang s'écoule en un mince filet sur le côté de son menton et s'en va finir au sol. Le sang se répand en une flaque qui atteint bientôt mes baskets. Je me réfugie dans un coin, je tremble. Une fois de plus, je regarde toutes les personnes dans le wagon, elles se sont transformées une à une tour à tour en suceur de sang. Je couvre mon visage et ferme les yeux. Un moment s'écoule, j'ouvre mes yeux. Je suis dans une pièce noire, un mince filet de lumière sur ma droite sous la porte. Des voix au lointain qui rit, qui chante. Merde ! ma mère m'a encore enfermée dans le placard... |
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Les mains froides, le cœur chaud
Ca faisait déjà bientôt une heure qu’elle l’attendait devant le cinéma. Une semaine plus tôt elle serrait entre ses doigts blancs une tasse bouillante de chocolat au lait, ses yeux pétillants plongés dans son regard à lui. Ils s’étaient rencontrés, parlés et aimés. Elle ne savait pas qui il était réellement, ce qu’il faisait, ses occupations jusqu’à son métier. Mais après tout, ça lui était égal du moment qu’il était là près d’elle à lui donner des baisers et des étreintes sans fin. Elle leva la tête et fixa de son regard vide, le ciel pourri de décembre, on prévoyait de la neige pour les fêtes. Elle s’imaginait ski et ballades en forêt avec lui. Bientôt elle se voyait à son bras le visage soustrait derrière un voile blanc… Le froid la vit sortir de sa torpeur, le vent piquait le pourpre de ses joues. La tête couverte d’un bonnet de laine blanc qu’il lui avait offert, elle détacha son regard du ciel crépusculaire pour relever sa manche et scruter une fois de plus les aiguilles de sa montre dorée. 20h00, se dit-elle. Déjà bientôt une heure…. Sur le bout de son nez, tomba un flocon duveteux qui fondit aussitôt. Elle ferma les yeux pour apprécier la douce chaleur qui l’enveloppait. Elle s’assit sur un banc à proximité. Le regard se troubla, les mains se joignirent, elle tomba à genoux. Elle ouvrit à peine les yeux pour voir s’échapper en courant un homme avec à la main son sac à elle. La main tendue vers le firmament, elle tomba sur la chaussée. Ses cheveux se mêlèrent aux flocons à terre. Dans un dernier effort, elle touche du bout de ses doigts la blessure béante et profonde de ses côtes. La sensation d’un liquide visqueux, elle saignait. Personne dans la rue, désertique endroit pour un cinéma à l’abandon depuis maintenant 40 ans. Le cinéma Paramount n’avait pas ouvert ses portes depuis le jour où une bombe y avait explosé. Ce jour où elle était présente avec lui. Elle se souvient du film, de l’odeur des pop-corn et surtout de ce bruit assourdissant. Elle s’était étendue sur le pourpre du sol de la salle de projection, le dos arraché par la détonation. Rien n’avait pu la sauver. Depuis ce temps, elle errait, sans cesse, le corps enlevé trop prématurément, l’âme errante en peine. |
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Juliette
La femme assise, là-bas c'est Juliette. Ses jambes croisées, elle est accoudée au comptoir en zinc du café "Chez Maurice". Elle tire de ses lèvres pincées de minces bouffées de sa fine 120. Les volutes s'envolent vers le plafond jauni et vient s'écraser dans une fissure d'où s'écoule en un mince filet, une eau verdâtre presque noire. Personne ne remarque ce petit détail, mais Juliette oui. Elle fixe la fumée qui s'échappe par ce petit trou. Elle aimerait être aussi volatile et aussi légère pour s'enfuir et s'échapper de ce bouge. En arrivant dans ce bled, elle avait été promue à un poste important et bien payé. Bientôt la porte va s'ouvrir et une grosse main bien franche tiendra la poignée. Le soleil entrera et léchera quelques instants infimes le sol au carreaux noircis et usés presque passés. Juliette s'arrangera pour sourire à l'homme qui s'approchera d'elle. Il commandera une bière puis il regardera Juliette. Cette conne lui sourira et lui faire signe. Il roulera des yeux ronds vulgaires et matera son cul à cette pouffe. Juliette montera les escaliers tordus qui sentent la pisse et elle fera tout ce que ce bon monsieur lui demandera. Les hommes elle les détestent. Elle connaît tout d'eux, leurs mains grasses et leurs gestes lourds et pressants. Leurs yeux effrayants et leurs souffles dégueulasses. Mais quand on est une pute, on assume, on ne fait pas toujours ce que l'on a envie. Elle se donnera sans vraiment réfléchir à l'acte proprement dit et en fermant les yeux, elle pensera à une vie meilleure, elle imaginera qu'elle est mariée avec un homme merveilleux comme on en trouve qu'à la ville... |
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Allons voir Ma Douce
Venez ma douce, allons voir si le parfum des fleurs persiste encore Nous sommes dans les prés ma douce, Nous respirerons le parfum des fleurs ma douce, Nous nous embrasserons sans cesse ma douce, Nous roulerons dans le pré ma douce, Nous jouirons ensemble ma douce, Nous resterons ensemble ma douce, |
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Les anges ne sont pas tous blonds
Lasse de traverser les années, elle se pose une dernière fois et elle se met à penser tout ce qu'elle a pu traverser jusqu'à présent. Elle se demandait finalement pourquoi elle n'arrivait plus à rien. Elle était assise à sa table de travail, le crayon dans la bouche et le regard au loin perdu dans ses souvenirs. Depuis bientôt plus d'une heure, elle cherchait quoi écrire et sur quel sujet commencer. Les phrases s'entremêlaient dans sa tête, les mots s'entrechoquaient inlassablement mais rien ne venait. Pourtant de temps à autre, les mots filaient sur le papier, les phrases s'accolaient les unes aux autres sans pour autant avoir un sens particulier. Le sujet du jour était de trouver un sujet justement. Rien ne semblait l'inspirer pas même les flocons qui tombaient drus au dehors et recouvraient le bord de sa fenêtre d'un duveteux manteau. Un rouge-gorge se posa sur le rebord de la croisée. Elle se leva, ouvrit la fenêtre. L'air froid emplit la pièce et du brouillard sortait de sa bouche. Elle avança la main vers le volatile, l'oiseau sautilla sur la branche la plus proche et se mit à pousser de petits cris joyeux. Elle sourit et puis l'oiseau s'envola. Elle se souvint que son bouquin n'attendrait pas, il fallait qu'elle termine... Elle vint se rasseoir à son bureau, l’air pensif. Qu’est-ce que cette journée était ennuyeuse tout de même ! Les mots ne venaient pas à elle, rien ne venait. Des images se bousculaient dans sa tête… La sonnette la sortit de sa torpeur. Elle se leva, sachant qu’elle n’attendait personne ce matin, elle en fut plus que surprise. Ce devait être le facteur, rooo celui-La toujours en avance. Elle regarda par l’œilleton et aperçut l’œil vert d’eau de Neil. Il se recula et sourit. Elle le fit entrer en s’apercevant qu’elle n’avait sur elle que son peignoir. Elle lui proposa à boire comme il s’asseyait sur le canapé. Il ne venait pas pour boire un verre ni discuter en fait. Il venait pour la voir, elle, tout simplement. Il la fit venir près de lui et l’allongea sur le divan. Les pans de son peignoir glissèrent de sa cuisse fine et légère. Il se pencha lascivement vers elle, entreprit de glisser sa main sur sa cuisse jusqu’à effleurer sa toison et s’approcha de son oreille en lui murmurant : - Imagine que je fais glisser mes doigts sur ton clitoris et que mon autre main joue avec tes seins… je te doigte un peu tout… je te fais lever et vient t’appuyer sur le rebord de ton bureau, je te doigte par derrière, lubrifiant ton minou et ton petit trou avec ta mouille… je continue jusqu'à ce que tu sois chauffée u maximum… je te doigte tes deux petits orifices en même temps jusqu'à ce que tu n'en puisses plus… après je retire mes doigts et comme je bande déjà, je pénètre doucement ton petit minou je remue en toi… à un rythme qui te convient tout en te caressant le dos… puis j'accélère un peu… je continue de te prendre jusqu'à ce que tu jouisses… puis je me retire pour éjaculer sur tes fesses… je te retourne afin de voir ton visage et j'approche ma queue de ta bouche… tu es complètement allongée sur ton bureau et tu me lèches le gland doucement pendant que je te tiens la tête je te fais cesser… je t’enlève ton peignoir tu es nue à présent… je retourne m'asseoir sur le divan et tu te mets à genou devant moi pour me sucer et me refaire bander... le résultat est efficace... je t'allonge au sol et je te lèche le minou… ma bouche titille ton clitoris alors que mes doigts glissent sur ta raie et tes petites lèvres… tu joui encore... tu es toujours allongée, je viens m’asseoir à côté de toi, je te caresse les seins avec ma bite et je remonte vers ta bouche... tu tournes la tête… Elle, dans un soupir, les yeux fermés, se sent défaillir, un mince filet chaud coule entre ses cuisses. Neil lui écarte délicatement les lèvres du bout de son index et vient y déposer le bout rosie de sa langue avide afin d’en récupérer un fin nectar. Ses yeux se ferment, il apprécie le goût et déguste quelques instants le liquide en le faisant rouler autour de sa langue. Après cela, sans aucun autre mot, il se lève, lui sourit et part. Elle a juste le temps de se remettre de ses émotions, de se lever et regrette aussitôt de ne pas avoir pu le retenir pour encore prendre du plaisir… Un plaisir sans qu’il la touche. |
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Première
Elle est penchée sur son cahier où dans la marge des noms entourés de petits cœurs roses se mélangent. Elle tortille ses cheveux, et puis elle pense. Elle pense à celui qui est là dehors à l'attendre. Elle image chacun de ses gestes qu'il fera. Peut-être fumera-t-il une cigarette ? Elle voit cette cigarette qui lentement vient se poser sur ses lèvres si douces, ces lèvres que tant de fois elle a foulé de ses baisers sensuels. Elle finit par fermer les yeux et repense à ce samedi dernier. Celui où elle lui a donné son corps après qu'il lui ai pris son cœur. Elle a l'impression de ressentir ses caresses à l'instant même où son professeur de maths la sort de son rêve. Elle écoute d'une oreille quelque peu distraite les remontrances, mais elle s'en fiche, elle est heureuse et rien ne peut lui enlever cela. Elle scrute l'horloge accrochée au-dessus de la porte orange de la classe 10A. Puis elle penche sa tête et regarde nonchalamment par la fenêtre. A travers la vitre, elle voit le soleil haut dans le ciel, et elle continue de rêver. Dans les nuages, elle projette ses pensées. Elle pense à lui et elle ne s'en passe plus. Son corps nu contre elle, ses mains qui lui donnaient des caresses si douces et si voluptueuses. Elle se projette à ce samedi passé... Elle est là nue toute tremblante et à la fois excitée. Elle est émue, c'est la première fois. Il a d'abord passé ses mains dans ses cheveux longs, puis lui a pris tendrement la nuque et l'a approché de lui, de son torse. Elle a rougi puis elle a posé ses mains sur ses fesses, elle a aimé la douceur de sa peau, elle a fini par ne plus vouloir se détacher de lui. Au loin, le tonnerre gronde, mais cette fois ce n'est pas cela qui la fait trembler. Ce qui la fait trembler à cet instant c'est le sexe de son homme qui entre en elle. Elle crispe ses mains sur l'oreiller, elle voudrait crier mais elle ne le fait pas. Elle sent encore le contact de ses mains sur son corps vierge, et puis la douleur, lorsque enfin il est entré en elle. Elle n'avait pas si peur finalement puisqu'il avait été tendre avec elle et lui avait dit de se laisser faire et de ne pas se contracter. Elle aimerait revivre cela à l'instant où elle est là sur sa chaise qui lui fait mal aux fesses à regarder un oiseau dans un arbre au dehors. La sonnerie retentit. Sortie de sa torpeur elle sursaute, puis après avoir subi encore une fois les remontrances de son prof de maths, elle sort telle une furie dans le couloir. Il lui paraît interminable ce couloir. Elle passe devant la salle des professeurs et ralentit le pas, à peine cet endroit dépassé, elle se met à courir. Elle court vers celui qui, ce soir, l'emmènera danser et lui fera l'amour. Celui qui selon elle sera le premier et le dernier. Il est là appuyé contre le mur, un pied lui servant d'appui. Aujourd'hui, le temps est doux mais il porte tout de même son vieux cuir usé aux coudes. Il sait qu'elle l'aime ce blouson et qu'elle aime sentir l'odeur qu'il dégage. Pour la séduire encore plus, il a mis son parfum, celui qu'elle lui a acheté pour la St Valentin. Il se souvient de cette soirée, c'était samedi dernier. Ce samedi où il a fait l'amour avec elle. Il avait peur aussi, peur de lui faire mal. Mais tout s'est bien passé. Ce soir, il l'emmènera danser et puis lorsqu'ils rentreront, il lui fera de nouveau l'amour mais en mieux parce qu'il pense avoir été mauvais la dernière fois. Il fume une Marlboro, il inspire chaque bouffée avec délice, il sait qu'elle n'aime pas la cigarette, alors il savoure sachant que c'est la dernière de la soirée. Il regarde les voitures trop bruyantes sur ce boulevard. Il s'est adossé sur ce mur puisqu'il veut la voir arriver de loin dans la cour du collège. Il s'est posté là pour voir naître son sourire sur ses lèvres à elle, et puis il la prendra dans ses bras, et il l'embrassera tendrement. Il pense à tout ce qu'il projette avec elle, tout ce qu'il a envie de faire avec elle, puisqu'il ne voit qu'elle, et qu'il n'aime qu'elle. Elle arrive enfin à hauteur de l'arbre qu'elle regardait un peu plus tôt par la fenêtre de la classe, l'oiseau n'est plus là mais elle regarde. Le soleil joue avec les feuilles et l'ombre projetée caresse son visage aux pommettes rouges. Elle est passé juste avant aux toilettes pour se rafraîchir et remettre du rouge à lèvres à la framboise, parce qu'elle sait qu'il aime la framboise et lorsqu'il l'embrasse, elle aime quand il lui dit : "mmmm... de la framboise, tu me gâtes ma belle.". Elle le voit au loin, elle sourit, et presse un peu plus le pas. Quelques mètres la séparent de lui, elle se met à courir, et ne voit plus que lui. Tout autour à disparu, les autres élèves, la surveillante qui crie au loin de ne pas courir, les passants dans la rue, les voitures qui passent à toute allure. Il la voit, il ne voit qu'elle, lui aussi. Il éteint sa cigarette contre le mur, jette le mégot au loin. Il sort la main de sa poche, cette main qui tient fermement un petit porte-clefs en cœur qu'il a acheté tout à l'heure spécialement pour elle, il a décidé de lui offrir. Elle est là, elle arrive, elle court, les voitures filent toujours à toute allure... Mais il ne lui offrira pas le porte-clefs, il ne lui fera plus jamais l'amour, et elle ne sourira plus jamais. Puisqu'elle est déjà étendue au sol sur le bitume la tête baignant dans une flaque de sang... et au loin un oiseau pousse un cri. |
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La vie est ainsi
Comment définirait-on une histoire d'amour ? · rien... j'ai maté les beaux gosses du net, hi hi hi hi...· intéressante ta vie... qu'est-ce qu'on bouffe ce soir ?· che pas, j'ai pas faim, mange toi, je verrais après...· ok comme tu veuxSe replonger dans la lecture de ses fiches de merde, et sentir déjà au fond de ses entrailles la faim la ronger. Finalement, elle s'en va aux chiottes. Se vider en contemplant la porte blanche devant elle, ça c'est au moins une chose qu'elle aime faire. |
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